Page:Gautier - Lettre à la présidente, voyage en Italie. 1850.djvu/40

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une ruine romaine ; des constellations pustuleuses étoilent les deltoïdes de l’État-Major ; et l’on voit se promener par les rues, des lieutenants tachetés et mouchetés comme des panthères, par des roséoles, des éphélides, des taches couleur de café, des excroissances verruqueuses, des fics cornés et cryptogamiques, et autres accidents secondaires et tertiaires, qui paraissent ici au bout de quinze jours. Vous voyez les colonels, et même les simples soldats, marcher en compas, les jambes écarquillées, ayant pour hernies de monstrueuses chaudes-pisses tombées dans les bourses. On dirait des voleurs de potirons, qui auraient caché leur vol dans leur pantalon. Aucun vit n’est droit ; ils se recourbent tous en replis tortueux, comme le serpent de mer de M. Jean Racine, ou comme le navet qui sert de membre à cet âne de Vacquérie (âgé de 34 ans). Cinq cents pines sont restées