Page:Gautier - Mémoires d'un Éléphant blanc, Armand Colin et Cie, 1894.djvu/12

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Chapitre Premier


L’ÉCOLIER DE GOLCONDE


Ce que je dois dire tout d’abord, c’est comment j’ai appris à écrire. Cela m’arriva cependant assez tard dans ma longue vie, mais il me faut l’expliquer en commençant, car il paraît que vous, les hommes, qui enseignez tant de travaux à ceux de ma race, n’avez pas coutume de leur faire faire leurs classes, et un éléphant capable de lire et d’écrire est un phénomène assez rare pour être incroyable.

Je dis rare, car j’ai entendu affirmer que mon cas n’est pas unique.

Pendant ma longue fréquentation des hommes, j’étais parvenu à comprendre beaucoup de leurs paroles, je savais même plusieurs langues : le siamois, l’hindoustani et un peu d’anglais. J’aurais pu parler, je m’y essayais quelquefois ; mais je ne produisais que des sons