Page:Gautier - Mémoires d'un Éléphant blanc, Armand Colin et Cie, 1894.djvu/46

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Chapitre VI


LE DÉPART


Le jour du départ arriva et, de grand matin, les esclaves vinrent faire ma toilette. On me frotta tout le corps, à plusieurs reprises, avec une pommade parfumée de magnolia et de santal ; on posa sur mon dos une housse pourpre et or, sur ma tête un réseau de perles, puis le diadème royal. On me mit de gros anneaux d’or aux quatre pieds, et à mes défenses des cercles ornés de pierreries ; à chacune de mes oreilles pendait une longue queue de crin, blanche et soyeuse. Ainsi arrangé j’avais le sentiment de ma splendeur et il me tardait de me montrer au peuple. Cependant, je jetai un dernier regard au palais que j’allais quitter et je poussai quelques cris pour dire adieu aux éléphants qui restaient et avec lesquels je commençais