Page:Gautier - Mémoires d'un Éléphant blanc, Armand Colin et Cie, 1894.djvu/74

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.






Chapitre X


GANÉÇA


Le soleil resplendissait maintenant, nous séchant de ses rayons. Nous étions sauvés, et cette joie-là emportait toutes les souffrances que nous avions endurées.

Le prince était descendu ; debout devant moi, il me regardait avec reconnaissance.

— Sans toi, me dit-il, à l’heure qu’il est, ma tête roulerait dans le sang. Pendant notre fuite notre salut dépendait des minutes qui s’écoulaient, et, pour n’en pas distraire une seule, je ne t’ai remercié que dans mon cœur. Mais maintenant, solennellement, devant le soleil qui flamboie, je veux t’exprimer les sentiments que m’inspirent ton dévouement et ton héroïsme. Ô Iravata ! sans toi, Saphir-du-Ciel, dans ses voiles de deuil, pleurerait ma mort ; sans toi, je ne verrais pas