Page:Gautier - Mémoires d'un Éléphant blanc, Armand Colin et Cie, 1894.djvu/82

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Chapitre XI


ON NOUS PREND POUR DES VOLEURS


Nous étions à Beejapour depuis plusieurs mois, le prince Alemguir et moi, et beaucoup d’aventures nous étaient arrivées dans cette ville, la première rencontrée sur notre route à peu de distance de la chapelle de Ganéça.

Les maîtres actuels de l’Hindoustan, les Anglais, étaient en nombre à Beejapour, où un gouverneur résidait. Nous étions donc là hors des atteintes du maharajah de Mysore, lui-même soumis aux conquérants anglais, et ne régnant qu’en leur payant un tribut ; mais d’autres dangers nous menaçaient : mon maître, tout d’abord, fut pris pour un voleur !

En le voyant presque nu, hâve, dépouillé de tout, les chevilles et les poignets gardant la meurtrissure de chaînes, on ne crut rien de