Page:Gazier - Histoire générale du mouvement janséniste, depuis ses origines jusqu’à nos jours, tome 1.djvu/155

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chapitre viii

des images dans votre cellule ? Oui, monsieur — D. Quelles images ? Un crucifix, une sainte face, la Sainte Vierge, saint Augustin, une petite sainte Madeleine aux pieds de Notre-Seigneur, et deux à la porte en dedans, et une autre au dehors de la cellule. — D. Y en a-t-il dans toutes les cellules ? — Oui, monsieur, et par tous les endroits de la maison[1]. »

Ce qui ressort le plus clairement des réponses faites aux visiteurs par l’unanimité des religieuses, professes de chœur ou converses, c’est le désintéressement absolu et l’exquise bonté de celles qui gouvernaient cette maison. Angélique recevait de la reine de Pologne des aumônes considérables, mais elle avait stipulé qu’il n’en serait pas retenu un denier pour les besoins de Port-Royal, et elle venait secrètement au secours de communautés pauvres, à Paris ou dans les provinces. Il y a dans les constitutions un chapitre spécial au sujet des bienfaitrices, et il n’était pas de nature à en susciter de nouvelles, car voici entre autres choses comment on prétendait les traiter ; il ne semble pas qu’une Mme de Pontcarré, une princesse de Guéméné, voire une marquise de Sablé, se soient assujetties volontiers à de semblables exigences ; « Elles n’iront point au parloir qu’avec une tierce [personne] ; la Mère verra toutes les lettres qu’on leur envoiera (sic) et les réponses qu’elles feront ; elles ne parleront à pas une des sœurs (hormis celles qui les servent) sans la permission de la Mère, et n’entreront point dans les offices du monastère, et encore moins dans les cellules sans la même permission. » Il est dit encore à propos des bienfaitrices que l’on fera les contrats à leur avantage, « afin de leur donner toute sorte de liberté de se reti-

  1. Hist. des persécutions, p. 100.