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histoire du mouvement janséniste

Oratoriens, livrés aux Jésuites par leurs généraux, par le Père Bourgoing, l’ancien ami de Jansénius, et par le Père Senault. C’est ainsi que le Père Malebranche dut attendre la paix de l’Église pour faire la rétractation si triste qu’on a lue ci-dessus.

Le clergé séculier était dans la même situation ; l’histoire du chapitre de Beauvais révolté contre son évêque, et surtout l’incarcération, par ordre de l’archevêque de Rouen, de Richard, curé de Triel, le prouvent surabondamment. Le cardinal Grimaldi, archevêque d’Aix, était indigné d’une telle violence « sous un prétexte aussi ridicule que le Formulaire, que l’Église n’autorise point et ne peut autoriser. Si tous lès évêques se mêlent de faire des symboles de foi, à la fin, on ne saura plus que croire. Cette action là, qui [se] sent de l’Inquisition, fera bruit, car ni l’Église ni l’État ne doivent point souffrir ces excès ; c’est trancher du pape et du roi[1]. »

Parmi les séculiers, il en est un dont l’attitude à cette date doit attirer l’attention, c’est Bossuet, qui ne fut peut-être pas alors aussi franc du collier qu’il l’a été depuis. En 1662, dans l’oraison funèbre du Père Bourgoing, il s’emporta contre les jansénistes et fit entendre ces paroles, que la pusillanimité de Déforis a supprimées, que la loyauté d’Hermant a conservées à la postérité : « Il déclama, dit Hermant[2], contre les disciples de saint Augustin en leur donnant le nom de novateurs, qui, par des chicanes inouïes, afin de se soustraire de l’obéissance des souverains pontifes, demandèrent en quel endroit sont les propositions dans un livre, et dit qu’il n’y avait qu’à répondre qu’elles

  1. Hermant, Mém., t. VI, p. 565.
  2. Ibid.