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histoire du mouvement janséniste

que l’Église de France n’était pas unie alors comme elle le sera vingt ans plus tard lors de l’affaire de la Régale. Mazarin l’avait asservie, démoralisée et désorganisée comme à plaisir et les Jésuites l’y avaient puissamment aidé. Les assemblées du clergé avaient été détournées de leur objet ; on avait essayé de les transformer en conciles, et le désordre était à son comble. Le Formulaire, rédigé en France par le Père Annat et par l’archevêque Marca, avait pour fondement l’infaillibilité personnelle du pape, et cette même infaillibilité était combattue vigoureusement en France par le roi, par les Cours souveraines et par la Sorbonne, que le Parlement forçait à marcher droit. Les choses allèrent si loin que Louis XIV fit supprimer le 26 juillet 1665 une bulle d’Alexandre VII qu’il jugeait nulle et abusive. Le cardinal de Retz, pleinement réconcilié, fut envoyé à Rome par le roi, et il amena le pape à faire le sacrifice momentané de ses prétentions à l’infaillibilité. Si les jansénistes avaient été véritablement disciples de Jansénius, ils auraient signé le Formulaire avec enthousiasme, attendu que l’évêque d’Ypres, ultramontain déterminé dès son jeune âge, croyait à l’infaillibilité personnelle du pape et acceptait sans discussion le jugement qu’il porterait sur son livre. Il différait en cela de son ami Saint-Cyran, qui était foncièrement gallican. Mais il y avait encore en France quelques évêques attachés aux maximes séculaires de l’Église gallicane. Ils étaient quatorze en 1650, ceux que nous avons vus écrire au pape une lettre si ferme au sujet des cinq propositions de Nicolas Cornet ; mais on parvint à affaiblir la plupart d’entre eux, Gondrin, Godeau, Vialart même, et il en resta bien peu sur la brèche après 1653. Ici commence l’histoire des « quatre évêques », Arnauld d’Angers, Choart de Buzanval de