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chapitre iv

de Sales ; il oublie que Besoigne l’a fait après Lancelot (tome III, p. 460-504) ; et Besoigne n’a pas tout dit, car il a laisse à Sainte-Beuve lui-même le soin de nous faire voir en Saint-Cyran le plus fervent, le plus passionné, après saint Bernard, de tous les dévots serviteurs de la Vierge Marie. À ses yeux, elle venait dans la hiérarchie céleste immédiatement après le Saint-Esprit, et c’est à regret, parce qu’il rejetait à priori tous les dogmes nouveaux, que Saint-Cyran lui a refusé, avec saint Bernard, saint Thomas, beaucoup de Pères de l’Église et de papes, le privilège d’une conception immaculée. On pourrait tirer des œuvres de Saint-Cyran un manuel du parfait serviteur de Marie. Besoigne est à étudier de près si l’on veut comprendre le rôle de Saint-Cyran considéré comme le chef des Messieurs de Port-Royal.

Il ne saurait être question de faire ici un tableau de cette nouvelle Thébaïde que fut Port-Royal des Champs délaissé par les religieuses en 1635. Racine a simplement consacré aux solitaires deux petites pages, et Sainte-Beuve a dû faire un choix et sacrifier bon nombre d’entre eux. Besoigne, plus à l’aise, leur a consacré une soixantaine de monographies intéressantes, plus ou moins développées, suivant le plus ou moins d’importance des personnages, et rangées dans l’ordre rigoureusement chronologique. C’est ainsi qu’il a placé en tête le grand converti de 1637, le célèbre avocat Antoine Le Maître, le chef du chœur des Solitaires. Cette première étude est complète, et Sainte-Beuve, s’en est inspiré, comme c’était son devoir et son droit. Je ne vois guère chez ce dernier qu’une inexactitude ; c’est au sujet des Plaidoyers de Le Maître, imprimés en 1656. Ils ont plus de valeur littéraire que Sainte-Beuve ne l’a dit, et l’on y trouve déjà la phrase courte