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CHAPITRE XVIII.


L’Église catholique seule a le pouvoir d’offrir avec simplicité et efficacité le sacrifice de pureté et de vérité, c’est-à-dire l’Eucharistie, qui est le corps et le sang du Christ.


L’oblation que notre Seigneur a enseigné à l’Église à offrir chaque jour par toute la terre, est un sacrifice de pureté aux yeux de Dieu, et qui lui est agréable ; non pas, nous le répétons, que Dieu ait besoin d’aucun sacrifice, mais parce qu’il veut que l’homme qui fait l’offrande trouve un moyen de salut dans cette offrande même, si elle paraît à Dieu digne d’être agréée. N’est-ce pas en effet par des présents que nous prouvons même aux rois de la terre notre vénération et notre amour ? Or, cette offrande doit être offerte dans toute simplicité et toute innocence de cœur, comme notre Seigneur nous l’a enseigné, quand il a dit : « Si donc vous présentez votre offrande à l’autel, et que là vous vous souveniez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande devant l’autel, et allez d’abord vous réconcilier avec votre frère, et alors revenant, vous présenterez votre offrande. » C’est donc là ces prémices qu’il faut offrir à Dieu ; car Moïse dit : « Vous ne paraîtrez pas les mains vides devant le Seigneur. » C’est ainsi que l’homme peut offrir à Dieu sa gratitude par l’offrande même du cœur qui la ressent, et en éprouver une glorification spirituelle.

Et il ne faut pas dire que les oblations aient été abolies ; mais autre chose étaient alors les oblations, autre chose elles sont aujourd’hui : autrefois c’était le peuple qui offrait le sacrifice, aujourd’hui c’est l’Église. Le sacrifice subsiste donc toujours, mais il a changé d’espèce et de forme ; car il est fait maintenant dans une ère de liberté, tandis qu’alors il avait lieu dans une ère de servitude. C’est toujours le même Dieu à