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SAINT CLÉMENT D’ALEXANDRIE.

lité de l’âme ; maintenant sans doute ils n’y croient plus, car ils la méconnaissent et l’outragent. Mangeons et buvons, disent-ils, car nous mourrons demain. Non, ils ne mourront point demain, ils sont déjà morts à Dieu ; ils ensevelissent leurs propres morts, c’est-à-dire qu’ils creusent eux-mêmes leur tombe dans les profondeurs de l’enfer.

Le saint apôtre leur oppose cependant avec énergie les maximes divines. « Ne vous y trompez pas, leur dit-il, ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les abominables, ni les voleurs ; ni les avares, ni les médisants, ni les ivrognes, ni les ravisseurs du bien d’autrui, ne seront héritiers du royaume de Dieu. » Appelés au royaume de Dieu, montrons-nous dignes de cette vocation en aimant Dieu et notre prochain. Cet amour ne consiste point dans de vaines démonstrations, mais dans une véritable bienveillance. Ceux qui n’ont point en eux-mêmes ces principes d’une parfaite charité mettent le trouble dans l’église par la manière impudente dont ils prennent et reçoivent ces baisers que l’apôtre appellent saints, corrompant ainsi cette ancienne coutume toute sainte et toute mystique, et donnant lieu à la médisance et à d’insolents soupçons. Que notre cœur donc soit plein d’amour, notre bouche modeste et fermée, montrant à nos frères la douceur de nos mœurs par la bienveillance de notre esprit. Il est encore d’autres baisers qui cachent un venin mortel sous des apparences de sainteté. De même que la tarentule cause d’affreuses douleurs aux lèvres qu’elle ne fait que toucher, les baisers de l’impudique brûlent ceux sur qui ils s’arrêtent. Il est manifeste d’ailleurs que les baisers ne sont point l’amour : tout amour vient de Dieu. « L’amour de Dieu, dit saint Jean, est de garder ses commandements. » Ce n’est donc point de nous embrasser les uns les autres. « Ses commandements, ajoute-t-il, sont doux et faciles à suivre. » Du reste, ces saluts empressés que se renvoient avec affectation les amis qui se rencontrent dans les rues, afin qu’on les remarque et qu’on croie à leur amitié, n’ont pas plus de vérité que de grâce. S’il nous est ordonné de nous retirer dans le lieu le