Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 4.djvu/478

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


apprendre par quels moyens ils peuvent entrer et s’avancer sûrement dans la voie sainte du salut. C’est surtout par la prière vers ce Dieu, qui dispense ses faveurs à ses enfants et leur apprend à en faire un usage conforme et agréable à ses volontés ; c’est par la grâce de notre Sauveur que nous pouvons guérir leur esprit : c’est en les éclairant, c’est en nous offrant pour guides à leur ignorance dans la recherche de la vérité. Celui-là seul, en effet, qui s’attache ardemment à la vérité, et qui s’environne de la lumière des bonnes œuvres, celui-là seul sera sauvé, et emportera le prix de la vie éternelle. Or, si d’un côté la prière, qui doit nous trouver infatigables et nous servir d’appui fidèle jusqu’à la dernière heure de notre vie, demande un esprit plein de force et de sérénité ; d’un autre côté, la vie régulière demande un amour ardent de la justice et une obéissance éclairée à tous les préceptes du Sauveur.

Ce n’est pas une seule et simple cause, mais plusieurs, et de différentes sortes, qui font croire aux riches qu’il leur est plus difficile qu’aux pauvres de se sauver. Les uns, en effet, saisissant sans réflexion, et prenant à la lettre ces paroles de notre Sauveur : « Il est plus facile à un câble de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des cieux, » se persuadent qu’ils n’ont aucune part à l’héritage céleste de tous les hommes, et suspendus entre le regret de la vie éternelle et les plaisirs de la vie périssable, ils se rejettent vers celle-ci et se perdent eux-mêmes, ne songeant pas à examiner quels sont ceux à qui le Seigneur et maître donne le nom de riches, ni comment ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. Les autres comprennent bien, il est vrai, le sens caché de ces paroles, mais ils négligent les œuvres indispensables au salut, et perdent, par leur négligence, l’espérance qu’ils avaient conçue. J’applique ces deux réflexions aux riches qui croient au Sauveur, à sa puissance et à la vie éternelle qu’il nous procure ; je n’ai rien à dire de ceux qui n’y croient pas, et dont les ténèbres de l’erreur obscurcissent l’entendement.

C’est donc un devoir, je le répète, pour tous ceux qui, ai-