Page:Georges Eekhoud - Escal-Vigor.djvu/154

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
146
ESCAL-VIGOR

épouseurs de mon poil, des galants pour le bon motif ne se rencontrent pas tous les jours.

— N’insistez pas, monsieur Landrillon. Je n’ai qu’une parole.

— C’est donc que vous avez des vues sur un autre ?

— Non, je ne me marierai jamais.

— Tout au moins en aimez-vous un autre ?

— C’est là mon secret et affaire entre ma conscience et moi-même.

Un peu allumé, car il avait bu quelques verres de genièvre pour s’enhardir, il s’avisa de la prendre par la taille, de l’étreindre, et il voulut même lui dérober un baiser. Mais elle le repoussa et, comme il recommençait, elle le souffleta, menaçant de se plaindre au comte. Pour l’instant, il se le tint pour dit.

Cette scène se passait dans les premiers jours de leur installation à l’Escal-Vigor.

Mais Landrillon ne se donna point pour battu. Il revint à la charge, profitant des moments où il se trouvait seul avec elle pour l’obséder de gravelures et de privautés.

Chaque fois qu’il avait bu, elle courait un sérieux danger. Tandis que le comte s’était retiré dans