Page:Georges Eekhoud - Escal-Vigor.djvu/194

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VII

À la suite de ces scènes, Kehlmark s’irritait souvent contre lui-même. « Jamais on ne m’aimera de cœur comme cette femme » se disait-il en se raisonnant. Et il se rappelait leur première intimité chez l’aïeule. Toujours il avait été son oracle, son dieu. Elle le servait auprès de la douairière, palliait ses fredaines, lui obtenait l’argent dont il avait besoin. Où rencontrer fidélité et dévouement pareils ? N’allait-elle point à présent jusqu’à tolérer sa passion pour le jeune Govaertz ?

Puis, au plus fort de ses bonnes dispositions, se produisait un revirement. Sur un mot, sur une intonation de voix, sur un regard, sur ce qu’il croyait lire de sévère et de scandalisé dans la physionomie de Blandine, il se reprenait à douter