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ESCAL-VIGOR

l’office, Claudie contemplait, avec une curiosité avide, les fresques représentant le martyre de saint Olfgar.

En se rapatriant avec Bomberg, le bourgmestre se brouillait infailliblement avec Kehlmark. Govaertz, toujours conseillé par sa fille, accentua cette rupture, en rappelant le jeune Guidon. Mais, sur ces entrefaites, celui-ci avait atteint sa majorité, et il fit à son père, l’accueil qu’il avait fait autrefois à la démarche du dominé.

Cette insubordination du gamin surprit Claudie, mais sans lui donner autrement à réfléchir.

Quant aux hôtes de l’Escal-Vigor, ils ne vivaient plus que pour eux-mêmes. Depuis le renvoi de Landrillon, Kehlmark avait cessé ses visites aux Pèlerins. C’est ce qui avait même déterminé Claudie à lui faire la guerre.

Kehlmark, de nouveau transfiguré, avait repris tout son courage et sa belle philosophie.

Durant la période de ses déchirantes explications avec Blandine, il était retombé dans ses humeurs sombres ; à présent il s’était reconquis, il répudiait ses dernières attaches chrétiennes ; il se croyait, mieux qu’un révolté, un apôtre ; c’est lui qui prendrait l’offensive et qui jugerait ses juges.