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ESCAL-VIGOR

de chaloupe ou une poissonnière, et, réciproquement, à côté d’une voisine de château, se calait un jeune nourrisseur de crâne encolure ou un chaloupier aux biceps noueux.

Les amis de Kehlmark constatèrent que presque tous les convives étaient dans la fleur ou dans la chaude maturité de l’âge. On aurait dit une sélection de femmes avenantes et de gars plastiques et galbeux.

Parmi les invités se trouvait un des principaux cultivateurs du pays, Michel Govaertz de la ferme des Pèlerins, veuf, père de deux enfants, Guidon et Claudie.

Après le seigneur de l’Escal-Vigor, le fermier des Pèlerins était l’homme le plus important de Zoudbertinge, le village sur le territoire duquel était situé le château des Kehlmark.

Durant la minorité et l’absence du jeune comte, Govaertz l’avait même remplacé à la tête de la wateringue ou conseil d’entretien et de préservation des terres d’alluvion, dites polders, conseil dont le Dykgrave était le chef. Et ce n’était pas sans une certaine mortification d’amour-propre que, par le retour de Kehlmark, le fermier des Pèlerins s’était vu relégué au rang d’un simple membre des