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ESCAL-VIGOR

vatsch, avec ces petits pouilleux qui portent ce soir les torches de la Ghilde… Bâti comme vous le voyez, monsieur, n’est-ce pas une honte ? Et pleurnichard ! Ça se met à braire, ça se trouve mal quand on tue un porc à la kermesse ou quand le boucher passe la craie rouge sur le dos des ouailles à convertir en gigots !… Guidon, c’est une fille manquée… Mon vrai garçon, c’est notre Claudie… En voilà une qui abat de la besogne !…

— C’est dommage, il a pourtant l’air bien intelligent ! remarqua le Dykgrave, avec autant d’indifférence que possible. Et c’est qu’il joue adorablement du bugle. Que n’en faites-vous un musicien pour de vrai !

— Ah ben ouiche ! Vous vous moquez, monsieur le comte. Il est incapable de s’appliquer à quoi que ce soit de profitable. Ma parole, pour m’en débarrasser, j’ai déjà voulu le livrer à des saltimbanques. Peut-être eût-il fait un bon pitre ? En attendant, il ne me vaut que des dégâts et des affronts. Ainsi ne s’est-il pas avisé de barbouiller de charbon les murs fraîchement blanchis de la ferme, sous prétexte de représenter nos bêtes !

— Aurait-il aussi des dispositions pour la peinture ? proféra d’un air ennuyé Kehlmark, qui alla