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viii

I

Au temps des Antonins, la ville de Lugudunum, ou par syncope usuelle Lugdunum, était alimentée en eau potable d’excellente qualité par quatre aqueducs : celui du Mont-d’Or (25 kilomètres environ de parcours) ; celui de La Brévenne (55 kilomètres environ) ; celui du Mont Pilat ou du Gier (75 kilomètres) ; enfin celui que nous appellerons l’aqueduc de Craponne, jusqu’ici assez mal connu ; il est formé par la réunion de plusieurs branches, issues du massif montagneux d’Iseron et de Pollionnay, dont la base est à une dizaine de kilomètres de la ville. Quant aux deux aqueducs de Miribel et de Cordieu, qui d’après une opinion assez répandue alimentaient les quartiers constituant le domaine des Trois-Gaules, leur authenticité, en tant qu’ouvrages romains, est loin d’être certaine, et ils ne figureront ici que pour mémoire.

De tous, le plus connu est celui du Mont Pilat ou du Gier. Le célèbre antiquaire lyonnais du xviie siècle, Spon[1] en fait mention. Le Père Ménestrier[2] dans son Histoire de Lyon, le Père de Colonia[3], autre jésuite érudit, donnent aussi sur cet aqueduc quelques indications, mais sans rien de précis ni de certain. C’est seulement dans la seconde moitié du xviiie siècle qu’une étude vraiment sérieuse et détaillée en fut faite par un savant des plus perspicaces et des plus consciencieux, l’architecte Delorme, membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. Dans un mémoire[4] lu en séances publiques devant cette assemblée les 29 mars et 5 juin 1759, il exposa le résultat de ses recherches. D’un bout à l’autre il avait suivi l’aqueduc, et, sauf quelques erreurs bien excusables, avait relevé exactement le tracé, mesuré les dimensions des ouvrages souterrains ou apparents, et signalé les particularités techniques les plus dignes de provoquer la curiosité et l’admiration. La description de l’aqueduc du Gier était, dans ce mémoire, précédée de quelques renseignements succincts, d’ailleurs en partie erronés, sur les aqueducs du Mont-d’Or et de La Brévenne. Delorme croyait alors que ce dernier amenait à

  1. Antiquités et curiosités de la ville de Lyon. (1675)
  2. Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon. (Lyon, 1696.)
  3. Antiquités de la ville de Lyon, ou explication de ses plus anciens monuments’. (Lyon, chez François Rigollet. Au Mercure galant, 1738).
  4. Recherches sur les aqueducs de Lyon, construits par les Romains. (Lyon, chez Aimé Delaroche, 1760. — In-18, 63 pages.)