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HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

ou des princes tributaires ou des garnisons romaines[1].

Syrie, Phénicie et Palestine.

Sous les successeurs d’Alexandre, la Syrie devint le siége de l’empire des Séleucides, qui régnèrent sur toute la Haute-Asie, jusqu’à ce que la révolte des Parthes eût resserré les domaines de ces monarques entre l’Euphrate et la Méditerranée. Lorsque cette province fut soumise par les Romains, elle servit de frontière à leur empire, du côté de l’orient : ses limites étaient, au nord, les montagnes de la Cappadoce, et vers le midi, l’Égypte et la mer Rouge. La Phénicie et la Palestine se trouvèrent quelquefois annexées au gouvernement de la Syrie : dans d’autres temps elles en furent séparées. La première de ces deux provinces est une suite de rochers, une lisière étroite entre la mer et les montagnes ; l’autre ne peut guère être mise au-dessus du pays de Galles pour l’étendue et pour la fertilité[2]. Cependant

  1. Voyez le Périple d’Arrien. Cet auteur avait examiné les côtes du Pont-Euxin lorsqu’il était gouverneur de la Cappadoce.
  2. Cette comparaison est exagérée, dans l’intention sans doute d’attaquer l’autorité de la Bible, qui vante la fertilité de la Palestine. Gibbon n’a pu se fonder que sur un passage de Strabon, l. XVI, p. 1104, ed. Almelov., et sur l’état actuel du pays ; mais Strabon ne parle que des environs de Jérusalem, qu’il dit infructueux et arides à soixante stades autour de la ville : il rend ailleurs un témoignage avantageux à la fertilité de plusieurs parties de la Palestine ; ainsi il dit : « Auprès de Jéricho, il y a un bois de palmiers, et une contrée de cent stades, pleine de sources et