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HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

aux armes et aux lois de Rome. Cependant le souvenir récent de leur indépendance, le voisinage et même le mélange des tribus qui n’avaient point été conquises, peut-être aussi l’influence d’un climat où l’on prétend que la nature donne aux hommes de grands corps et peu d’intelligence[1], tout contribuait à entretenir leur férocité primitive ; et sous le maintien uniforme et soumis de sujets romains, on démêlait encore les traits hardis des premiers habitans de ces contrées barbares. Leur jeunesse belliqueuse fournissait sans cesse des recrues aux légions campées sur les bords du Danube, et qui, perpétuellement aux prises avec les Germains et avec les Sarmates, étaient regardées, à juste titre, comme les meilleures troupes de l’empire.

Septime-Sévère.

Septime-Sévère commandait alors l’armée de Pannonie. Ce général, né en Afrique, avait passé par tous les grades militaires. Il avait parcouru lentement la carrière des honneurs, nourrissant en secret une ambition démesurée, qui, ferme et inébranlable dans sa marche, ne fut jamais détournée ni par l’attrait du plaisir, ni par la crainte des dangers, ni par aucun sentiment d’humanité[2]. À la première nou-

    Velleius-Paterculus (II, 110, etc.), qui servait dans l’armée de Tibère.

  1. Telle est la réflexion d’Hérodien, l. II, p. 74. Les Autrichiens modernes admettront-ils l’influence ?
  2. Commode, dans une lettre à Albinus, dont nous avons déjà parlé, représente Sévère comme un des généraux am-