Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/336

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On ignorait qu’une pauvreté honorable est le seul moyen qui puisse rendre les soldats modestes dans la paix, et capables de défendre l’état en temps de guerre. Caracalla, fier et superbe au milieu de sa cour, oubliait avec ses troupes la dignité de son rang ; il encourageait leur insolente familiarité, et négligeant les devoirs essentiels d’un général, il affectait l’habillement et les manières d’un simple soldat.

Meurtre de Caracalla. A. D. 217, 8 Mars.

Le caractère et la conduite de Caracalla ne pouvaient lui concilier ni l’amour ni l’estime de ses sujets ; mais tant que ses vices furent utiles à l’armée, il n’eut point à redouter les dangers d’une rebellion. Une conspiration secrète, allumée par ses propres soupçons, lui devint fatale. Deux ministres partageaient alors la préfecture du prétoire : Adventus, ancien soldat plutôt qu’habile officier, avait le département militaire ; l’administration civile était entre les mains d’Opilius Macrin, qui devait cette place importante à sa réputation et à son habileté pour les af-

    toujours reçu davantage que les autres : l’erreur de Gibbon est d’avoir cru qu’il s’agissait ici de la paye annuelle des soldats, tandis qu’il s’agit de la somme qu’ils recevaient, pour prix de leur service, au moment où ils obtenaient leur congé : ἆθλον τῆς στρατείας signifie récompense du service. Auguste avait établi que les prétoriens, après seize campagnes, recevraient cinq mille drachmes : les légionnaires n’en recevaient que trois mille après vingt ans. Caracalla ajouta cinq mille drachmes à la gratification des prétoriens, et douze cent cinquante à celle des légionnaires. Gibbon paraît s’être mépris, et en confondant ces gratifications de congé avec la paye annuelle, et en n’ayant pas égard à l’observation de Valois sur la transposition des nombres dans le texte de Dion. (Note de l’Éditeur.)