Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/339

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lités aimables ; mais l’assassin de Géta, dans toutes les actions de sa vie, n’a pas la moindre ressemblance avec le héros de Macédoine ; et s’il peut lui être comparé, ce n’est que pour avoir versé le sang d’un grand nombre de ses amis et de ceux de son père[1].

Élection et caractère de Macrin.

Après la chute de Caracalla, l’on n’eut point recours à l’autorité d’un sénat faible et éloigné ; les troupes seules donnèrent un maître à l’univers. Le choix de l’armée fut d’abord suspendu ; et comme il ne se présentait aucun candidat dont le mérite distingué et la naissance illustre pussent fixer les regards et réunir tous les suffrages, l’empire resta sans chef pendant trois jours. L’influence marquée des gardes prétoriennes enfla les espérances de leurs commandans : ces ministres redoutables commencèrent à faire valoir leurs droits légitimes sur le trône vacant. Cependant Adventus, le plus ancien des deux préfets, ne fut point ébloui par l’éclat d’une couronne : son âge, ses infirmités, une réputation peu éclatante, des talens plus médiocres encore, l’engagèrent à céder cet honneur dangereux à un collègue adroit et entreprenant. Quoique les troupes, trompées par la douleur affectée de Macrin, ignorassent la

  1. La passion de Caracalla pour Alexandre paraît encore sur les médailles du fils de Sévère. Voyez Spanheim, De usu numismat., dissert. XII. Hérodien (l. IV, p. 154) avait vu des peintures ridicules représentant une figure qui ressemblait d’un côté à Alexandre, et de l’autre à Caracalla.