Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/438

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Innocence et vertus de Gordien.

Comme le troisième Gordien mourut à l’âge de dix-neuf ans, l’histoire de sa vie, si elle nous était parvenue avec plus d’exactitude, ne renfermerait guère que les détails de son éducation et de la conduite des ministres qui trompèrent ou guidèrent tour à tour la simplicité d’un jeune prince sans expérience. Immédiatement après son élévation, il tomba entre les mains des eunuques de sa mère, ces vils instrumens du luxe asiatique, et qui, depuis la mort d’Héliogabale, infestaient le palais des empereurs romains. Ces malheureux, par leurs intrigues secrètes, tirèrent un voile impénétrable entre un prince innocent et des sujets opprimés. Le vertueux Gordien ignorait

    terminer le temps où Quinte-Curce a écrit. Ceux qui le placent sous les premiers Césars, raisonnent d’après la pureté et l’élégance de son style, mais ils ne peuvent expliquer le silence de Quintilien, qui nous a donné une liste très-exacte des historiens romains, sans faire mention de l’auteur de la Vie d’Alexandre (*).

    (*) Cette conjecture de Gibbon n’a aucun fondement. Plusieurs passages de l’ouvrage de Quinte-Curce le placent évidemment à une époque antérieure : ainsi, en parlant des Parthes, il dit : Hinc in Parthienen perventum est ; tunc ignobilem gentem ; NUNC caput omnium qui post Euphraten et Tigrim amnes siti Rubro mari terminantur. (l. VI, c. 2.) L’empire parthe n’eut cette étendue qu’au premier siècle de l’ère vulgaire ; c’est donc à ce siècle qu’il faut rapporter l’âge de Quinte-Curce. « Quoique les critiques, dit M. de Sainte-Croix, aient beaucoup multiplié les conjectures sur ce sujet, la plupart ont fini néanmoins par adopter l’opinion qui place Quinte-Curce sous le règne de Claude. » Voy. Juste-Lipse, ad Ann. ; Tac., l. II, c. 20 ; Michel Le Tellier, Præf. in Curt. ; Tillemont, Hist. des Emp., t. I, p. 251 ; Dubos, Réflex. crit. sur la poésie, seconde part., §. 13 ; Tiraboschi, Storia della letter ital., t. II, p. 149 ; Exam. crit. des histor. d’Alexandre, 2e éd., p. 104, 849, 850. (Note de l’Éditeur.)