Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 12.djvu/429

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s’écouler des pays inconnus de l’Occident. Les visites de leurs derniers empereurs déchirèrent le voile de séparation, et leur découvrirent les puissantes nations de l’Europe, qu’ils n’osèrent plus insulter du nom de Barbares. Un historien grec de ce siècle[1] a conservé les observations du prince Manuel et des observateurs plus curieux qui l’accompagnaient. Je vais rassembler ces idées éparses et les présenter en raccourci à mon lecteur. Peut-être ne verra-t-il pas sans plaisir ce tableau grossier de l’Allemagne, de la France et de l’Angleterre, dont l’état ancien et moderne nous est si bien connu. « 1o. L’Allemagne, dit Chalcocondyles, offre un vaste pays, et s’étend depuis Vienne jusqu’à l’Océan, depuis Prague en Bohême jusqu’à la rivière Tartessus et aux[2] Pyrénées (cette géographie paraîtra sans doute un

  1. Laonicus Chalcocondyles termine son histoire des Grecs et des Ottomans à l’hiver de 1463, et sa conclusion précipitée semble annoncer qu’il cessa d’écrire dans cette même année. Nous savons qu’il était d’Athènes, et que quelques contemporains du même nom contribuèrent à la renaissance de l’idiome grec dans l’Italie. Mais dans ses nombreuses digressions, cet historien a toujours eu la modestie de ne jamais parler de lui-même. Leunclavius, son éditeur, et Fabricius (Bibl. græc., t. VI, p. 474) paraissent ignorer tout-à-fait son état et l’histoire de sa vie. Pour ses descriptions de l’Allemagne, de la France et de l’Angleterre, voyez l. II, p. 36, 37, 44-50.
  2. Je ne relèverai point les erreurs de la géographie de Chalcocondyles. Dans cette description il a peut-être suivi et mal compris Hérodote (l. II, c. 33), dont on peut inter-