Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/387

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

ment principal s’annonçait par une entrée magnifique, que l’on appelle encore la porte dorée. Le vestibule menait à un péristyle de colonnes de granit, où l’on voyait d’un côté le temple carré d’Esculape, et de l’autre le temple octogone de Jupiter. Dioclétien adorait le dernier de ces dieux comme l’auteur de sa fortune, et le premier, comme le protecteur de sa santé. En comparant les restes de ce palais avec les préceptes de Vitruve, il paraît que les différentes parties de l’édifice, les bains, la chambre à coucher, le vestibule, la basilique, les salles cyzicène, égyptienne et corinthienne, ont été décrites avec précision, ou du moins d’une manière vraisemblable. Les formes de ces édifices étaient variées, les proportions justes ; mais il existait dans leur construction particulière deux défauts qui choquent singulièrement nos idées de goût et de convenance. Ces salles magnifiques n’avaient ni fenêtres ni cheminées. Elles recevaient le jour d’en haut (car le bâtiment semble n’avoir eu qu’un étage), et des tuyaux placés le long des murs servaient à les échauffer. Les principaux appartemens étaient garantis du côté du sud-ouest par un portique long de cinq cents dix-sept pieds, et qui devait former une superbe promenade, lorsque les beautés de la vue se trouvaient jointes à celles de la peinture et de la sculpture. Si ce magnifique édifice eût été construit dans un pays solitaire, il aurait été exposé au ravage du temps ; mais peut-être aurait-il échappé à l’industrie destructive de l’homme. Ses débris ont servi à bâtir le