Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/109

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rendait. Leur pieuse reconnaissance a placé le monogramme du Christ au milieu des enseignes de Rome. Les imposantes expressions de sûreté de la république, gloire de l’armée, restauration du bonheur public, sont appliquées aux trophées religieux comme aux trophées militaires. Il existe encore une médaille de l’empereur Constance, où l’étendard du labarum est accompagné de ces paroles mémorables : PAR CE SIGNE TU VAINCRAS[1].

2o. Dans les dangers et dans les calamités, les chrétiens avaient coutume de fortifier leur corps et leur esprit par le signe de la croix. Cette pratique leur était familière dans les cérémonies de l’Église et dans toutes les occasions particulières de la vie. Ils s’en servaient comme d’un préservatif infaillible pour éloigner toute espèce de maux spirituels ou temporels[2]. L’autorité de l’Église aurait suffi pour justifier la dévotion de Constantin, qui, par des gradations prudentes, reconnut la vérité et adopta les symboles de la foi chrétienne. Mais le témoignage d’un auteur contemporain donne à la piété de cet empereur un motif plus sublime et plus imposant. Dans un traité

  1. L’abbé du Voisin (p. 103, etc.) parle de différentes médailles, et cite une dissertation sur ce sujet, du père Grainville, jésuite.
  2. Tertullien, De coronâ, c. 3 ; saint Athanase, t. I, p. 101. Le savant Jésuite Pétau (Dogmata theolog., l. XV, c. 9, 10) a rassemblé sur les vertus de la croix beaucoup de passages semblables, qui ont fort embarrassé les argumentateurs protestans du dernier siècle.