Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/147

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avait été arrêtée pendant leur vie par le luxe ou par l’avarice, se livrait, au moment de leur mort, à l’excès de la prodigalité. Les chrétiens opulens étaient encouragés par l’exemple de leur souverain. Un monarque absolu, riche sans patrimoine, peut être charitable sans mérite, et Constantin crut trop aisément qu’il obtiendrait la faveur du ciel en faisant subsister l’oisiveté aux dépens de l’industrie, en répandant parmi les saints les richesses de ses états. Le même messager qui porta en Afrique la tête de Maxence, fut chargé d’une lettre de l’empereur à Cécilien, évêque de Carthage, où le monarque lui annonce qu’il a donné ordre aux trésoriers de la province de lui payer trois folles, ou environ dix-huit mille livres sterling, et de lui fournir le surplus dont il pourrait avoir besoin pour secourir les Églises d’Afrique, de Numidie et de Mauritanie[1]. La libéralité de Constantin croissait dans une juste proportion avec sa ferveur et avec ses vices. Il fit faire au clergé de toutes les villes une distribution régulière de grains, pour suppléer aux fonds de la charité ecclésiastique ; et les personnes des deux sexes qui embrassaient la vie monastique,

    loi fut publiée à Rome (A. D. 321) dans un temps où Constantin pouvait prévoir sa prochaine rupture avec l’empereur de l’Orient.

  1. Eusèbe (Hist. ecclés., l. X, 6 ; in vit. Constant., l. IV, c. 28). Il s’étend avec satisfaction, et plusieurs fois, sur la libéralité du héros chrétien, que l’évêque avait eu occasion de connaître et d’éprouver personnellement.