Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/148

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acquéraient un droit particulier à la faveur de leur souverain. Les temples chrétiens d’Antioche, d’Alexandrie, de Jérusalem, de Constantinople, etc., attestaient la fastueuse piété d’un prince qui ambitionnait, dans le déclin de son âge, d’égaler les plus superbes monumens de l’antiquité[1]. La forme de ces pieux édifices était d’ordinaire simple et oblongue, bien que quelquefois ils s’élevassent en dômes, ou prissent, par des extensions latérales, la figure d’une croix. On se servait presque toujours des cèdres du Liban pour les bois de charpente, et de tuiles ou peut-être de lames de cuivre doré pour la couverture ; les colonnes, les murs et le pavé étaient incrustés d’une superbe variété des marbres les plus rares ; les riches ornemens consacrés au service de l’autel étalaient avec profusion la soie, l’or, l’argent et les pierres précieuses ; et cette magnificence extérieure avait pour base solide et assurée une vaste propriété en terres. Dans l’espace de deux siècles, depuis le règne de Constantin jusqu’à celui de Justinien, les dix-huit cents églises de l’Empire romain s’enrichirent des dons multi-

  1. Eusèbe, Hist. ecclés., l. X, c. 2, 3, 4. L’évêque de Césarée, qui étudiait et flattait le goût de son maître, prononça publiquement une description travaillée de l’église de Jérusalem (in vit. Constant., l. IV, c. 46). Elle n’existe plus, mais il a inséré dans la vie de Constantin (l. III, c. 36) un tableau abrégé de l’architecture et des ornemens. Il fait aussi mention de l’église des Saints-Apôtres à Constantinople, l. IV, c. 59.