Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/194

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phase de ce qu’un artisan chrétien peut répondre sans hésiter à des questions qui auraient embarrassé tous les sages de la Grèce. Quand il s’agit de sujets si éloignés de notre portée, la différence de l’homme du génie le plus sublime à l’homme le plus borné, doit être considérée comme infiniment petite. On pourrait toutefois calculer les degrés de la faiblesse par ceux de l’obstination et de la suffisance dogmatique. Au lieu de continuer à traiter ces questions comme un amusement propre à remplir les momens d’oisiveté, on les regarda comme la plus sérieuse affaire de cette vie, et comme une préparation indispensable pour la vie à venir. Une théologie à laquelle il était important de croire, dont on ne pouvait douter sans impiété, et qu’il pouvait même être dangereux de ne pas bien comprendre, devint le sujet familier des méditations et des conversations du peuple. Le zèle ardent de la dévotion enflamma la froide indifférence de la philosophie, et les métaphores mêmes du langage usité servirent à corrompre le jugement et à tromper l’expérience. Les chrétiens, tout en abhorrant le mode impur de génération admis dans la mythologie des Grecs[1], rai-

    tionnaire au mot Simonide ; ses remarques sur la présomption de Tertullien sont profondes et intéressantes.

  1. Lactance, IV, 8. Cependant la probole ou prolatio que les ecclésiastiques les plus orthodoxes empruntaient sans scrupule des valentiniens, et qu’ils expliquaient par la comparaison d’une fontaine ou d’une source, du soleil et de ses rayons, etc., ou ne signifiait rien ou favorisait l’idée