Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/243

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religieuses, et ensuite par la différence permanente de leur langage.

Seconde restauration d’Athanase. A. D. 349.

Durant son second exil en Occident, Athanase fut souvent admis en présence de l’empereur dans les différentes villes de Capoue, Lodi, Milan, Vérone, Padoue, Aquilée, et Trêves. L’évêque du diocèse l’accompagnait ordinairement dans ces entrevues, et le grand-maître des offices restait toujours devant le voile ou rideau qui masquait l’appartement du souverain. Le primat en appelle à ces témoins respectables de sa constante modération dans ces entretiens[1]. La prudence devait suffire pour lui faire conserver le respect et ce ton de douceur qui conviennent à un sujet et à un évêque. Dans ces conversations familières avec le monarque de l’Occident, Athanase se bornait sans doute à déplorer l’aveuglement de Constance ; mais ne ménageant ni les eunuques ni les prélats ariens, qu’il chargeait hardiment de la division de l’Église et du danger auquel la foi catholique se trouvait exposée, il excitait Constans à imiter le zèle et à mériter la gloire de son père. L’empereur déclara qu’il était résolu d’employer les forces militaires et les trésors de l’Europe à soutenir la foi orthodoxe, et fit savoir à son frère Constance, dans une lettre courte et impérative, que s’il

  1. Comme saint Athanase répandait secrètement des invectives contre Constance (voyez l’Épître aux moines), tandis qu’il l’assurait personnellement de son profond respect, nous pourrions raisonnablement nous défier des protestations de l’archevêque, t. I, p. 677.