Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/505

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de la nuit. Les Persans tirèrent quelque gloire de l’avantage qu’ils obtinrent contre l’aile gauche, où Anatolius, maître des offices, fut tué, et où le préfet Salluste manqua de périr. Mais l’issue de la journée fut contraire aux Barbares ; ils abandonnèrent le champ de bataille ; ils y laissèrent Meranes et Nohordates[1], leurs deux généraux, cinquante nobles ou satrapes, et une multitude de leurs plus braves soldats ; et si Julien eût survécu, ce succès des Romains aurait pu avoir les suites d’une victoire décisive.

Mort de Julien. A. D. 363, le 26 juin.

Les premiers mots que prononça Julien lorsqu’il fut revenu de l’évanouissement occasionné par la perte de son sang, annoncèrent sa valeur. Il demanda son cheval et ses armes, et il voulait se jeter de nouveau au milieu des combattans. Ce pénible effort acheva de l’épuiser, et les chirurgiens qui examinèrent sa blessure, découvrirent les symptômes d’une mort très-prochaine. Il employa ses derniers momens avec la tranquillité d’un héros et d’un sage. Les philosophes qui l’avaient suivi dans cette fatale expédition, comparèrent sa tente à la prison de Socrate ; et ceux que le devoir, l’attachement ou la curiosité avaient rassemblés autour de sa couche, écoutèrent avec une douleur respectueuse ces der-

  1. Sapor déclara aux Romains que, pour consoler les familles des satrapes qui mouraient dans un combat, il était dans l’usage de leur envoyer en présent les têtes des gardes et des officiers qui n’avaient pas été tués à côté de leur maître. (Libanius, De nece Julian. ulciscend., c. 13, p. 163.)