Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/110

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on en comptait douze cents dans l’île de Wight ; et en suivant ce calcul approximatif, il paraîtra probable que l’Angleterre était cultivée par un million de serfs ou villains, attachés aux terres de leurs maîtres absolus. Les Barbares indigens se vendaient souvent, eux et leurs enfans, même à des étrangers, en servitude perpétuelle[1]. Cependant les exemptions spéciales accordées aux esclaves nationaux[2] annoncent qu’ils étaient moins nombreux que les étrangers et les captifs qui avaient perdu la liberté ou changé de maître par les hasards de la guerre. Lorsque le temps et la religion eurent adouci la férocité des Anglo-Saxons, les lois encouragèrent la pratique de la manumission ; et leurs sujets, d’extraction galloise ou cambrienne, possédèrent, avec le titre honorable d’hommes libres d’un rang inférieur, des terres et tous les priviléges de la société civile[3]. Cette politique humaine était propre à

  1. D’après les témoignages conformes de Bède (l. II, c. 1, p. 78) et de Guillaume de Malmsbury (l. III, p. 102), il paraît que les Anglo-Saxons persévérèrent depuis le premier siècle jusqu’au dernier dans cette pratique qui offense la nature. Ils vendaient publiquement leurs enfans dans les marchés de Rome.
  2. Selon les lois d’Ina, ils ne pouvaient pas être vendus légitimement pour passer au-delà des mers.
  3. La vie d’un vallus ou cambricus homo, qui possédait une hyde de terre, était appréciée par la même loi d’Ina à cent vingt schellings, tit. XXXII, in leg. Anglo-Saxon., p. 20. Elle accorde deux cents schellings pour un Saxon libre, et douze cents pour un seigneur saxon. Voyez aussi