Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/223

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


se prosterna devant le génie et la fortune de la fille d’Acacius. Et la prostituée qui, en présence d’une foule innombrable de spectateurs, avait souillé le théâtre de Constantinople, fut, dans cette même ville, adorée comme une reine par de graves magistrats, des évêques orthodoxes, des généraux victorieux et des monarques captifs[1].

Sa tyrannie.

Ceux qui croient que la perte de la chasteté déprave entièrement le caractère d’une femme, prêteront une oreille avide à toutes ces invectives de la jalousie des individus ou du ressentiment populaire, qui, dissimulant les vertus de Théodora, ont exagéré ses vices et jugé sans pitié les déréglemens dans lesquels le besoin et peut-être le goût avaient jeté la jeune courtisane. Elle refusa souvent, par un sentiment de pudeur ou de mépris, le servile hommage de la multitude ; elle s’éloignait du grand jour de la capitale qu’elle ne pouvait plus souffrir, et elle passait la plus grande partie de l’année dans des palais et des jardins agréablement situés sur la côte de la Propontide et du Bosphore. Elle dévouait ses heures de loisir aux soins de sa beauté, soins prudens autant qu’agréables, aux plaisirs du bain et de la table,

    tiniano et Theodoræ conjugi ejus ». Novell. 8, tit. 3. Ce serment les liait-il envers Théodora devenue veuve ? Communes tituli et triumphi, etc. (Aleman., p. 47, 48)

  1. Let greatness own her, and she’s mean no more, etc.

    Sans le télescope critique de Warburton il m’aurait été impossible de trouver dans cette peinture générale du vice triomphant aucune allusion personnelle à Théodora.