Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/324

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une bataille contre les Maures, à peine vêtus et mal disciplinés. [Gelimer. A. D. 530-534.]Le mécontentement public était enflammé par les intrigues de Gelimer, à qui son âge, sa naissance et sa réputation à la guerre donnaient un droit apparent à la couronne : il prit, de l’aveu de la nation, les rênes du gouvernement ; et son malheureux souverain tomba sans résistance du trône dans une prison, où il fut étroitement gardé, ainsi qu’un de ses plus fidèles conseillers, et son neveu, l’Achille des Vandales, contre lequel s’était déclarée l’opinion publique. Cependant l’indulgence d’Hilderic pour ses sujets catholiques, était pour lui une puissante recommandation auprès de Justinien, capable de reconnaître les avantages de la justice et de la tolérance religieuse, lorsqu’elles s’appliquaient à sa propre secte. Il avait eu des rapports avec lui à l’époque où il n’était que le neveu de Justin ; des lettres et des présens avaient fortifié leurs liaisons, et l’empereur n’abandonna point la cause de la royauté et de l’amitié. Deux ambassades se rendirent successivement auprès de Gelimer pour l’engager à se repentir de sa trahison, à éviter du moins de provoquer par de nouvelles violences le ressentiment de Dieu et celui des Romains, à respecter les lois de la parenté et de

    Latins avaient quatre versions de l’Iliade (Fabric., t. I, l. II, c. 3, p. 297). Toutefois il paraît, en dépit des éloges de Sénèque (consol., c. 27), qu’ils ont été plus heureux dans l’imitation que dans la traduction des poètes grecs. Au reste, le nom d’Achille pouvait être célèbre et populaire même chez les Barbares qui ne savaient pas lire.