Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/342

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chaleur du climat avaient énervé le robuste courage des Vandales, devenus peu à peu les plus voluptueux des hommes. Leurs maisons de plaisance et leurs jardins, dignes du nom persan de paradis[1], leur offraient les jouissances de la fraîcheur et toutes les délices du repos. Chaque jour, en sortant du bain, ces Barbares s’asseyaient à une table où l’on servait avec profusion tous les mets recherchés que fournissaient la terre et la mer. Des broderies d’or couvraient leurs robes de soie flottantes comme celles des Mèdes ; l’amour et la chasse étaient les occupations de leur vie ; et des pantomimes, des courses de char, la musique et les danses de théâtre amusaient leurs momens de loisir.

Il défait les Vandales dans une première bataille.

Durant une marche de dix ou douze jours, Bélisaire ne cessa de porter son attention sur des ennemis embusqués, qui, à chaque instant, pouvaient fondre sur lui. Un officier de confiance, habile militaire, Jean l’Arménien, conduisait l’avant-garde, composée de trois cents cavaliers ; six cents Massagètes couvraient l’aile gauche à quelque distance : la flotte entière longeait la côte, et perdait rarement de vue l’armée qui faisait environ douze milles par jour, occupant chaque soir des camps fortifiés ou des villes amies. L’ap-

  1. Παραδεισος καλλισος απαντων ων ημεις ισμεν. Le jardin royal d’Ispahan peut donner une idée de ces paradis, dont le nom et l’usage nous sont venus de la Perse. (Voyage d’Olearius, p. 774). Voyez aussi leur modèle le plus parfait dans les romans grecs. Longus, Pastor., l. IV, p. 99-101 ; Achill. Tatius, l. I, p. 22, 23,