Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/37

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vant leur être également avantageuses, et jurèrent solennellement de laisser croître leur barbe jusqu’à ce que le succès de leurs armes vînt les absoudre d’un vœu si incommode. C’était Clotilde, dont les exhortations, soit en public, soit en particulier, avaient déterminé cette entreprise. Elle avertit son époux de l’efficacité que pourrait avoir une fondation pieuse pour obtenir la bénédiction de Dieu et le secours des fidèles. Le héros chrétien, lançant d’un bras nerveux sa hache de bataille : « Je promets, dit-il, d’élever dans l’endroit où tombera ma francisca[1], une église en l’honneur des saints apôtres. » Cette éclatante marque de piété affermit l’attachement et confirma la bonne opinion des catholiques avec lesquels il entretenait secrètement une correspondance ; et le zèle des dévots se convertit insensiblement en une conspiration formidable. Les peuples de l’Aquitaine étaient justement alarmés des reproches indiscrets des Goths, leurs oppresseurs, qui les accusaient, avec raison, de préférer le gouvernement des Francs ; et l’exil de leur zélé partisan, Quintianus, évêque de Rhodez[2], plaida

  1. Tunc rex projecit à se in directum bipennem suam quod est francisca, etc. (Gesta Francorum, t. II, p. 554). La forme et l’usage de cette arme ont été décrits par Procope (t. II, p. 37). On peut trouver dans le Glossaire de Ducange, et dans le volumineux Dictionnaire de Trévoux, des exemples de sa dénomination nationale en latin et en français.
  2. Il est assez singulier que plusieurs faits importans et