Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/390

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campagne[1], Procope fixe l’invasion de l’Italie à la seconde année de la guerre des Goths[2].

Bélisaire envahit l’Italie et réduit Naples. A. D. 537.

Bélisaire, après avoir laissé des garnisons suffisantes à Palerme et à Syracuse, embarqua ses soldats à Messine, et les débarqua sans résistance à Reggio, sur le bord opposé. Un prince goth, qui avait épousé la fille de Théodat, gardait cette entrée de l’Italie, à la tête d’une armée ; mais il imita sans scrupule un souverain qui manquait à ses engagemens publics et particuliers. Le perfide Ebermor passa avec ses troupes dans le camp des Romains, et on l’envoya à Byzance jouir des serviles honneurs de la cour[3]. La flotte et l’armée avancèrent jusqu’à Naples, sans se perdre presque jamais de vue pendant une route de près de trois cents milles sur le rivage de la mer. Les peuples du Bruttium, de la Lucanie et de la Campanie,

  1. Procope, dans sa Chronologie, qu’il a imitée à quelques égards de Thucydide, commence au printemps les années de Justinien et de la guerre des Goths ; et sa première époque tombe au 1er avril 535, et non pas 536, comme le disent les Annales de Baronius (Pagi, Crit., l. II, p. 555), suivi par Muratori et les éditeurs de Sigonius : toutefois nous ne pouvons concilier les dates de Procope avec ses propres écrits, ni avec la Chronique de Marcellin.
  2. Procope (l. I, c. 5-29 ; l. II, c. 1-30 ; l. III, c. 1) raconte la première guerre des Goths jusqu’à la captivité de Vitigès. J’y ai ajouté quelques faits que j’ai tirés de Sigonius (Opp., t. I, De imp. Occident., l. XVII, XVIII ; et de Muratori, Ann. de Italiâ, t. v.).
  3. Jornandès, De reb. gotic., c. 60, p. 702, edit. Grot. ; et t. I, p. 221 ; Muratori, De succes. reg., p. 241.