Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/393

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de circonférence[1] ; des précipices et la mer défendaient les fortifications : lorsque l’ennemi était maître des aqueducs, des puits et des fontaines fournissaient de l’eau, et la place avait assez de provisions pour mettre à bout la patience des assiégeans. Un siége de vingt jours épuisa presque celle de Bélisaire ; il s’accoutumait à l’idée mortifiante d’abandonner le siége, afin de pouvoir marcher, avant l’hiver, contre Rome et le roi des Goths ; mais il fut tiré d’embarras par la curiosité audacieuse d’un Isaurien, qui, ayant reconnu le canal desséché d’un aqueduc, rapporta qu’on pouvait s’y frayer un passage et introduire dans le centre de la place une file de soldats armés. On travailla secrètement à l’ouverture ; et lorsqu’elle fut achevée, le général, plein d’humanité, voulut, au risque de faire soupçonner son secret, avertir encore une fois les assiégés du danger qui les menaçait. Ses remontrances n’étant pas écoutées, quatre cents Romains pénétrèrent dans l’aquéduc au milieu des ténèbres de la nuit ; à l’aide d’une corde attachée à un olivier, ils arrivèrent dans la maison ou le jardin d’une femme qui vivait seule ; ils firent sonner leurs trompettes, surprirent les sentinelles, et firent entrer leurs camarades, qui escaladèrent les murs de tous les côtés, et enfoncèrent les portes de la ville. Par une suite du droit de la guerre, on com-

  1. Il ne s’agit pas ici de pas géométriques, mais de pas communs de vingt-deux pouces de France. (D’Anville, Mesures itinéraires, p. 7, 8.) Les deux mille trois cent soixante-trois ne font pas un mille d’Angleterre.