Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/409

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cus : ils étaient harcelés sans cesse par le général romain, qui, dans ses fréquentes escarmouches, tua plus de cinq mille de leurs plus valeureux soldats. Leur cavalerie ne savait point se servir de l’arc ; leurs archers servaient à pied : et leurs forces ainsi divisées ne pouvaient lutter contre leurs adversaires, dont les lances et les traits étaient également formidables de près ou de loin. L’habileté de Bélisaire profitait de toutes les occasions favorables ; et comme il choisissait les positions et les momens, qu’il pressait la charge[1] ou faisait sonner la retraite, les escadrons qu’il détachait manquaient rarement de succès. Ces petits avantages remplissaient d’une ardeur impatiente les soldats et le peuple qui commençait à sentir les maux d’un siége, et à ne plus craindre les périls d’une action générale. Chaque plébéien se croyait un héros ; et l’infanterie, qu’on rejetait de la ligne de bataille depuis la décadence de la discipline, aspirait aux anciens honneurs de la légion romaine. Bélisaire loua la valeur de ses troupes, désapprouva leur présomption, céda à leurs clameurs, et prépara les moyens de réparer une défaite que lui seul avait le courage de regarder comme possible. Les Romains eurent le dessus dans

  1. Consultez, sur la Trompette romaine et ses diverses notes, Lipse (De militiâ romanâ. Opp., tom. III, l. 4, dialogue X, p. 125-129). Procope proposa de distinguer la charge par la trompette d’airain de la cavalerie ; et la retraite par la trompette de cuir et de bois léger de l’infanterie, et Bélisaire adopta cotte méthode (Goth., l. II, c. 23).