Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/18

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et le sujet de son livre, et sa façon de le traiter. De tous les grands ouvrages du xviie siècle, il me paraît que le livre des Caractères est le seul qu’il ne soit peut-être pas trop impertinent de refaire ; je veux dire qu’il n’est peut-être pas trop impertinent de le tenter. Et d’abord, il me faut bien l’avouer, mon admiration devant La Bruyère ne tremble pas comme devant Bossuet, Molière, La Fontaine ou Corneille. Puis, il a soin de nous en avertir : il peint les hommes de son temps, les mœurs d’un siècle qui n’est plus le nôtre. Et l’homme n’a peut-être point tant changé que du moins notre façon de le voir. De sorte que, déjà, la première phrase de son livre m’ar-