Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/34

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Je demeurais, je demeure encore, interdit, dès qu’il s’agit de hiérarchies, de préséances ; toujours prêt à céder le pas, à me soumettre, à m’excuser. Et sans doute, cette inclination naturelle de mon humeur fut-elle encouragée par les préceptes de l’Évangile — que je prenais, que je prends encore au sérieux, à la lettre — qui façonnèrent à ce point ma pensée, que je ne puis prendre au sérieux rien d’autre ; que les applaudissements, les décorations, les honneurs n’ont à mes yeux qu’un prix dérisoire, que les faveurs me gênent, les avantages m’interloquent, les privilèges m’humilient, comme ils font nécessairement