Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/42

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

si différents que soient entre eux Saül, Candaule, Alissa, Lafcadio, le pasteur de ma Symphonie, ou La Pérouse, ou Armand. C’est revenir à moi qui m’embarrasse ; car, en vérité, je ne sais plus bien qui je suis ; ou, si l’on préfère : je ne suis jamais, je deviens.

Comme j’irais bien, sans tous ces gens, qui me crient que je vais mal !

Ils s’obstinent à voir dans les Faux-Monnayeurs, un livre manqué. On disait la même chose d’abord, de l’Éducation sentimentale et des Possédés. (Je me souviens que ce qui m’a fait lire les Possédés et les Karamazoff c’est le retrait de Melchior de Vogüé devant ces livres « apocalyptiques et