Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/43

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fumeux »). Dans dix ou vingt ans, l’on reconnaîtra que ce que l’on reproche à mon livre aujourd’hui ce sont ses qualités les plus rares.

Combien n’est-il pas plus flatteur de voir un critique, par rancune ou dépit, se forcer au dénigrement, que, par camaraderie, à l’indulgence.

Les plus belles vertus peuvent se déformer avec l’âge. L’esprit précis devient tatillon ; l’économe, avaricieux ; le prudent, timoré ; l’imaginatif, chimérique… Il n’est pas jusqu’à la persévérance, qui n’engage dans une sorte de stupidité. Comme,