Page:Girard - Sainte-Hélène, paru dans Le Monde illustré, 30 octobre 1858.djvu/14

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

de cressons et de nymphéas. Toutes les fleurs de l’île, de belles centaurées, plusieurs variétés de géraniums sauvages, etc., semblent s’être donné rendez-vous dans ce lieu. Ce point, éloigné d’environ trois kilomètres de Long-Wood, devint le but de prédilection des promenades de l’empereur. Combien de fois n’a-t-il pas puisé avec sa main de l’eau à cette source, pour en rafraîchir sa bouche brûlante. Combien de fois ne s’est-il pas arrêté au milieu de ces herbes et de ces fleurs, les regards perdus dans la perspective que ce val lui ouvrait sur la mer. Aussi est-ce dans ce lieu qu’il a voulu reposer après sa mort. Ce val de Cinn n’est autre, en effet, que la vallée du Tombeau.

Ces lieux étaient remplis de souvenirs d’un intérêt trop puissant pour que la France pût rester indifférente à l’oubli, nous dirions presque à la profanation dans lesquels ils était tombés. On sait que les bâtiments de Long-Wood avaient repris leur destination première ; qu’un moulin à blé avait été installé dans la chambre même où Napoléon rendit le dernier soupir, que les autres pièces étaient redevenues des granges, des écuries ou des caves. On rapporte que, lorsque le prince