Page:Girardin - La Canne de M. de Balzac.djvu/108

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Or, il arriva cela. Tancrède alla voir M. de Balzac, et lui conta comment il avait découvert la vertu singulière de sa canne.

— J’étais si préoccupé, lui dit-il, du besoin d’être invisible, qu’il n’est pas étonnant que j’aie deviné une merveille que je rêvais.

— Vous ? s’écria M. de Balzac. Il me semble que vous avez moins intérêt qu’un autre à n’être pas vu.

Tancrède alors raconta naïvement tous les échecs que sa trop grande beauté lui avait valus depuis son séjour à Paris.

M. de Balzac l’écouta avec curiosité. Cette situation nouvelle lui plut à observer ; il chercha à se lier plus intimement avec un jeune homme qu’il trouvait distingué, spirituel, et qui d’ailleurs possédait son secret : grâce à sa canne, M. de Balzac sait bien vite à quoi s’en tenir sur le caractère de ses amis. Tancrède, de son côté, ne négligea rien pour capter la confiance de l’illustre écrivain. Il se rapprocha de lui, loua un appartement dans son voisinage, et enfin trouva le moyen de lui rendre