Page:Girardin - La Canne de M. de Balzac.djvu/96

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de son âme en ses regards. Ah ! quand un homme s’acharne de la sorte à un secret, il faut bien qu’il finisse par le posséder.

— Où est en ce moment M. de Balzac ? il n’est point sorti de sa loge, il y est, je ne le vois pas. Qu’est-ce à dire ? personne n’est sorti de cette loge, la porte est, tout le temps, restée fermée, et pourtant un homme en a disparu !… S’il est parti, par où est-il sorti ? S’il est là, pourquoi ne le voit-on plus ? Il est donc invisible… Invisible !…

Ce mot replongea Tancrède dans ses rêveries.

Que je voudrais être invisible !… Ah ! si j’étais invisible !…

Gigès avait un anneau qui le rendait invisible… Robert le Diable a aussi un rameau qui le rend invisible. Ah ! si j’avais ce rameau !… Dans la fable, dans toutes les poésies, les anciens, les Arabes, ont imaginé des objets qui rendaient invisible…

Et Tancrède, en rêvant, regardait toujours. Au même instant, et subitement, M. de Balzac reparut — et la porte de la loge ne s’était