Page:Giraud - Essai sur Taine, 1901.djvu/241

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11. — M. Lombroso, dans Tune des dernières éditions de l’Homme criminel, a placé comme Préface une lettre de Taine.

12. — Lettre non datée, reproduite dans la Revue bleue du 12 mai i8c)4. — L’auteur anonyme de cette publication avait, durant son année de philosophie, demandé conseil à Taine. Celui-ci lui écrivit la lettre que voici :

230, boulevard Saint Germain,

Paris, 16 janvier.

Monsieur, si j’avais eu l’honneur de vous donner un conseil pour vos études de philosophie, je vous aurais prié de ne point lire cette année les Philosophes du XIX~’siècle, ni l’Intelligetice. Pour débuter, il ne faut étudier qu’un système, sinon l’esprit s’embrouille. Quel que soit le système, celui de Kant ou d’Aristote, ou de Condillac, ou de Stuart Mili, pourvu qu’il soit cohérent, on a besoin de travail et de temps pour se l’assimiler et le comprendre à fond : cette assimilation sera le meilleur fruit de votre année de philosophie. Suivez donc le cours de votre professeur, tâchez de bien posséder ce cours, d’en saisir toutes les parties et toutes les liaisons, peu importe qu’on vous enseigne l’éclectisme ou la philosophie de saint Thomas, ou la doctrine d’Auguste Comte ; l’essentiel est de saisir un ensemble, de voir les connexions qui joignent les conséquences au. principes. Cela fait, vous aurez pratiqué une gvmnastique e.xcellente, e.ercé vos facultés d’analyse, de généralisation et de déduction, et de plus, vous connaîtrez l’une des théories considérables qui ont joué ou jouent un rôle dans le petit monde de l’esprit pensant. Plus tard, si votre curiosité persiste, vous étudierez les autres théories : mais le seul moven de les pénétrer toutes, c’est de n’en apprendre qu’une à la fois.

Agréez, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.

H. Taine.

13. — Une lettre à Sarcev, jointe à un exemplaire de i Intelligence, a été récemment mise en vente (à i5 fr.), par la librairie A. Durel, 21. rue de l’Ancienne-Comédie, Paris.

14. — Enfin, rappelons que M. Gabriel Monod, dans son remarquable livre sur Renan, Taine, Michelet (C. Lévy, 1896), a utilisé et lari^ement cité la très intéressante correspondance de Taine avec Prévost-Paradol et avec Ernest Havet : cette dernière comprend seize lettres.