Page:Giraudoux - Électre.djvu/131

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ÉLECTRE. – Attendons sa mort. C’est tout ce que j’accorde.

LE MENDIANT. – D’autant qu’il dort bien, notre frère.

ÉLECTRE. – Il s’est endormi aussitôt. Il m’a échappé. Il a glissé dans le sommeil comme dans sa vraie vie.

LE MENDIANT. – Il y sourit. C’est sa vraie vie.

ÉLECTRE. – Dis-moi tout, mendiant, excepté que la vraie vie d’Oreste est de sourire !

LE MENDIANT. – De rire aux éclats, d’aimer, de bien s’habiller, d’être heureux. Je l’ai deviné rien qu’à le voir. Bien servi par l’existence, ce serait un pinson, Oreste.

ÉLECTRE. – Il tombe mal.

LE MENDIANT. – Oui, il ne tombe pas très bien. Raison de plus pour ne pas le presser.

ÉLECTRE. – Soit. Puisqu’il a été créé pour rire aux éclats, pour bien s’habiller,