Page:Giraudoux - Électre.djvu/145

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Il y a sept ans. C’est de l’histoire ancienne.

ORESTE. – Et tu savais cela, et tu m’as laissé dormir toute une nuit !

ÉLECTRE. – Je ne le savais pas. C’est là justement le cadeau de la nuit. Elle a rejeté ces vérités sur son visage. Je saurai désormais comment font les devineresses. Elles pressent toute une nuit leur frère endormi contre leur cœur.

ORESTE. – Notre père, tué ! Qui te l’a dit ?

ÉLECTRE. – Lui-même.

ORESTE. – Il t’a parlé, avant de mourir ?

ÉLECTRE. – Il m’avait parlé mort, le jour même du meurtre, mais cette parole a mis sept ans à m’atteindre.

ORESTE. – Il t’est apparu ?

ÉLECTRE. – Non. Son cadavre cette nuit m’est apparu, tel qu’il était le jour du meurtre, mais c’était lumineux, il suffisait de lire : il y avait dans son vêtement