Page:Giraudoux - Électre.djvu/148

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ORESTE. – Pardon, Électre !

DEUXIÈME EUMÉNIDE. – À son tour de s’excuser. Ils sont polis dans la famille !

PREMIÈRE EUMÉNIDE. – Ils enlèvent leur tête pour se saluer.

ÉLECTRE. – Et elles épient leur réveil. Et les hommes, n’eussent-ils dormi que cinq minutes, ils ont repris l’armure du bonheur : la satisfaction, l’indifférence, la générosité, l’appétit. Et une tache de soleil les réconcilie avec toutes les taches de sang. Et un chant d’oiseau avec tous les mensonges. Mais elles sont là toutes, sculptées par l’insomnie, avec la jalousie, l’envie, l’amour, la mémoire : avec la vérité. Tu es réveillé, Oreste ?

PREMIÈRE EUMÉNIDE. – Et nous allons avoir son âge dans une heure ! Que le ciel nous fasse différentes !

ORESTE. – Je pense que je m’éveille.

LE MENDIANT. – Votre mère vient, mes enfants.